Akili Mirari Talks, 1ère édition : défis et opportunités de la transition post- carrière sportive

Dans le cadre de son format événementiel cannois, baptisé Akili Mirari, Akili Partners organisait, le 19 mai 2026, un talk autour du thème « Comment se réinventer après une carrière sportive ? ». En plein Festival de Cannes, cette question prend une résonnance particulière quand on sait combien les trajectoires de sportifs fascinent les médias aujourd’hui, notamment le cinéma. Sur une idée originale de Geoffrey Fosso, Head of Music & Live Entertainment chez Akili Partners, en partenariat avec la marque Nona Drinks et les médias sport.fr , Women Sports et Ode, le talk s’est déroulé sur le rooftop du Five Seas Hotel à Cannes.

Pour l’occasion, les hôtes Inès Lagdiri-Nastasi, ex-professionnelle de tennis et journaliste, et Adil Rami, champion du monde de football et comédien, recevaient un duo de choc 100% féminin : la boxeuse Sarah Ourahmoune, conférencière, entrepreneure et autrice, ainsi que la handballeuse Allison Pineau, techpreneure. Toutes deux médaillées olympiques et championnes du monde, elles ont partagé leurs expériences respectives devant un parterre de journalistes, agents et leaders d’opinion. Voici un résumé des échanges et des moments clés de cette rencontre.

Lorsque les lumières s'éteignent et que les applaudissements cessent, les sportifs et athlètes de haut niveau font face à un tournant crucial de leur vie. Passer ce cap délicat pose plusieurs défis, notamment sur les plans psychologique et professionnel. 

Se préparer mentalement à l’après-carrière

La première épreuve pour un sportif en fin de carrière est d’ordre émotionnel. Cette phase de transition délicate est d’une intensité telle qu’elle suscite bien souvent chez les personnes concernées un questionnement identitaire profond : qui suis-je sans mon sport ? 

En effet, lorsqu’on a dédié sa vie à une discipline sportive, qu’on a développé son image en fonction de ses performances, la transition vers une nouvelle version de soi peut provoquer un sentiment de vide et de désorientation. Allison Pineau le confirme : « Le plus compliqué, c’est de reprendre le contrôle de sa vie quand on a toujours été géré par d’autres, qu’on nous a toujours dit quand se lever, quoi manger, etc. » 

Le soutien psychologique d’un spécialiste, la réflexion personnelle et l’engagement dans des activités non sportives peuvent aider à appréhender cette nouvelle étape avec sérénité. Les athlètes qui « travaillent » sur leur identité, acceptent davantage la fin de leur parcours sportif, et se reconstruisent mieux. « Pour ma part, j’y étais plutôt bien préparée, confie Sarah Ourahmoune. Il faut dire que j’ai toujours pris en main ma carrière, car la boxe est un sport amateur et je ne percevais aucun salaire (…). En dehors de ma pratique sportive, je devais travailler pour vivre ; j’ai donc toujours eu conscience de l’après-carrière. Pour autant, cela ne m’a pas empêchée d’éprouver une forme de nostalgie lorsque ça s’est arrêté. »

Se réinventer pour rebondir professionnellement

Pour se bâtir une nouvelle trajectoire professionnelle durable, il faut acquérir des compétences, se former et se constituer un réseau professionnel. « J’ai toujours réfléchi à long terme, raconte Allison. J’avais prévu de reprendre mes études et de me lancer dans la tech (ndlr : en 2e année à l’Edhec, Allison Pineau est cofondadtrice de GRADEN, une plateforme numérique qui recense les événements sportifs professionnels et amateurs en France). Les graines que j’ai semées il y a dix ans, j’en récolte les fruits aujourd’hui. Je suis fière de ce que j’ai accompli ».

La préparation et l’anticipation sont effectivement des alliées indispensables. Or nombre d'athlètes attendent le tout dernier moment pour penser à leur avenir, alors qu’ils gagneraient à envisager ce changement au moins à mi-parcours. Adil témoigne : « Quand on est jeune sportif, ces préoccupations nous paraissent bien lointaines. On préfère davantage se focaliser sur nos performances ou notre prochain contrat. Et puis, la perspective que tout cela prendra fin un jour peut paraître effrayante pour certains… »

Quoiqu’il en soit, la formation continue, qu'elle soit académique ou pratique, peut aider à naviguer vers de nouveaux horizons professionnels. Sans oublier les ressources insoupçonnées que les sportifs puisent dans leur expérience.  « Il faut conscientiser les compétences acquises sur son parcours sportif, précise Sarah. Résilience, discipline, rigueur, leadership… sont des atouts précieux pour la suite. » 

Enfin, le développement de relations avec d'autres professionnels du secteur choisi permet d’aborder cette transition dans les meilleures dispositions. À condition de bien s’entourer. « C’est primordial, insiste Adil Rami, surtout lorsqu’on a de la notoriété ou de l’argent, comme c’est le cas dans le football… Tout le monde n’est pas bien intentionné. »

Rester sous le feu des projecteurs

Alors que le sport est devenu une matière narrative majeure pour les médias (réseaux sociaux, documentaires, fictions, émissions télévisées, livres…), certaines des reconversions les mieux réussies se font dans la lumière. « Encore plus que nos exploits, le public aime découvrir nos failles, ces moments de doute qui nous humanisent, analyse Allison. Cela nous rapproche des gens et c’est pourquoi nos histoires les intéressent. (…) Et c’est là qu’on voit l’impact que nous pouvons avoir sur les autres, en particulier les plus jeunes ». 

Ainsi, Sarah Ourahmoune, qui accompagne justement les jeunes via son club Boxer Inside, et les femmes avec son programme Les Puncheuses, vient de publier son second ouvrage Frapper juste (Éditions des Équateurs, 2026). « Ce livre, dévoile-t-elle, je le perçois comme un guide à l’attention des femmes et des jeunes pour apprendre à se faire sa place, sur et en dehors du ring – les coups, les combats, les instances de pouvoirC’est le livre que j’aurais aimé avoir quand j’ai débuté dans la boxe (…) à une époque où la compétition était encore interdite aux femmes. Faire de la boxe pour moi était alors un acte de rébellion. »

Cette aura médiatique offre bien entendu de réelles opportunités aux anciens athlètes. Nombre d’entre eux s’orientent vers les médias et l'entertainment, devenant ainsi des figures culturelles influentes. Leur notoriété acquise sur le terrain est le meilleur des tremplins pour devenir consultants sportifs, commentateurs, voire acteurs ou auteurs par la suite. « Il ne faut se fermer aucune porte, conseille Adil. Moi, qui suis passé de mécanicien à Fréjus à champion du monde de football, et maintenant comédien, je sais que tout est possible. Il suffit de rester authentique, sans calcul et d’oser aller vers ce qui nous tente ».

Crédits photos : Martin Lagardère

Peu importe le domaine choisi, la reconversion des athlètes de haut niveau est un processus complexe, marqué par des défis psychologiques et professionnels. « Il est question de transition, mais aussi de transmission, de performance et d’impact », résume Inès Lagdiri- Nastasi. En abordant ces transitions avec la bonne préparation et le soutien adéquat, les sportifs peuvent non seulement surmonter ces obstacles, mais aussi s'épanouir dans une nouvelle vie pleine de promesses. Le plus important est de se souvenir que la fin d'une carrière sportive n'est pas une conclusion, mais un nouveau chapitre à écrire.

Le succès de cette conférence qui aura été un des temps forts en marge du Festival de Cannes cette année, traduit le savoir-faire d’Akili Partners. Notre agence a ainsi inauguré un concept événementiel inédit en plaçant l’humain au cœur d’une stratégie travel, culture et lifestyle pleine de sens.

Suivant
Suivant

Festival de Cannes : focus sur la parenthèse lifestyle d’Akili Partners